[Cet article a bien entendu été rédigé avant le départ du Tour d'Espagne]
Le Tour d'Espagne, troisième et dernier Grand Tour de la saison, s'élancera dans dix jours. C'est le grand objectif de la saison d'Alejandro, qui faut-il encore le rappeler avait initialement fait du Tour de France son objectif n°1 mais n'avait pu le disputer en raison du passage du Tour en Italie (durant 60 misérables kilomètres), un pays où il est actuellement interdit de compétition.
A ce propos, au cas où certains s'étonneraient de ne plus entendre parler de cette affaire, je rappelle qu'Alejandro est en attente de la décision du TAS, décision qui devrait tomber après la Vuelta. En cas de jugement négatif, le murcian serait privé de course pour deux ans, mais je vous l'ai déjà dis, il est peu probable qu'il en soit ainsi : si les soi-disantes preuves du CONI étaient réellement valables, l'UCI n'aurait pas hésité à étendre la suspension. Il y a donc de bonnes chances qu'il s'en sorte et que ses suspensions en Italie et au Danemark soient levées.
Mais reparlons sport. Valverde avait donc dû se rabattre sur la Vuelta, certes de toute façon par obligation (s'il voulait disputer un Grand Tour dans la saison) mais ce qui n'était pas forcément plus mal (en terme de résultats) : honnêtement, pensez-vous vraiment qu'Alejandro aurait terminé sur le podium de ce Tour ? Soyons réaliste, cela aurait été très difficile...
Cela n'empêche, voir Valverde sur la Grande Boucle, même sans très bon résultat au général (je reste persuadé qu'il aurait gagné l'étape de Barcelone, mais comme on dit, on ne peut pas refaire l'Histoire...), ça aurait été sympa. Qu'est-ce qu'on s'est embêté, sans lui, pendant les 3 semaines !
Heureusement,
El Imbatido est de retour, et ça va chauffer. Du moins, on l'espère fortement...de toute façon, il n'a pas trop le choix : le Tour de Catalogne, le Dauphiné Libéré et le Tour du Burgos sont certes de belles courses, mais les remporter ne suffit pas pour réussir une saison quand on s'appelle Valverde. Il va donc falloir mettre le paquet en septembre, lors de la Vuelta et du Mondial. Mais comme je l'explique ci-dessous, il n'y a pas à s'inquiéter...ça va le faire !
Place donc tout d'abord au Tour d'Espagne. Cette année, autant le dire tout de suite, j'espère au minimum un podium de Valverde. Je suis même persuadé qu'il peut remporter l'épreuve, ce qui constituerait sa première victoire dans un Grand Tour et donc un évènement, et allez, mouillons-nous un peu, j'annonce qu'il la gagnera, ce que je justifie ci-dessous avec cinq arguments !
Voici donc pourquoi, selon moi, Valverde remportera cette Vuelta :
1. Parce qu'il est motivé comme personne

Devinant que sa participation au Tour devenait compromise, Alejandro a lâché les chevaux en mai et juin. Deux courses par étapes disputées et aussitôt remportées, avec une rage et une motivation (concrètement, des attaques et du panache !) rares chez lui, dont les sources sont connues de tous. Ces deux courses n'étaient pourtant pas des objectifs en soi pour l'espagnol....gageons donc que sur la Vuelta, qu'il a officiellement coché comme son (nouveau) grand objectif, Valverde, qui courra de plus à domicile (ce qui n'est pas négligeable surtout sur un Grand Tour), se donnera à 200%.
--> Et ses adversaires ? Je le répète, personne n'est sans doute autant motivé qu'Alejandro pour gagner cette Vuelta. Cela n'empêche, Samuel Sanchez et Ivan Basso visent également la victoire finale et devraient être offensifs, ainsi qu'à quelques degrés moindre Robert Gesink ! Les coureurs du pays, comme Mosquera et Tondo, auront également à coeur de briller sur leur Grand Tour national même s'ils ne sont peut-être pas au niveau des trois coureurs cités ci-dessus. Enfin, Rasmussen et Vinokourov, qui reviennent de suspension, seront aussi sans doute motivés mais ne seront au niveau des meilleurs, c'est une certitude.
Par contre, Cadel Evans, qui prendra le départ de l'épreuve, n'a pas prévu de la finir -il souhaite se préparer au Mondial- et les frères Schleck ne joueront pas le classement général (à moins que l'occasion se présente). Quant a Andreas Kloden et Juan Jose Cobo, on s'interroge sur leurs ambitions et leur etat de forme...
2. Parce qu'il sera très en forme Alejandro n'a pas disputé le Tour (ni une partie, comme l'a fait Gesink) et sa préparation à la Vuelta a été optimale. Sa forme va crescendo depuis sa reprise après sa pause de trois semaines en juillet : trois jours au Tour de Madrid pour ce remettre dans le bain (où on a vu qu'il était déjà assez bien), une classique début août (la San Sebastian), une course par étapes de cinq jours (le Tour du Burgos qu'il a remporté, devançant certains de ses futurs rivaux sans pour autant s'être beaucoup dépensé) et enfin un stage en altitude pour finaliser cette préparation. Top ! EDIT : D'apres le redacteur du blog
alejandrvalverde.blogspot.com qui a vu Alejandro s'entrainer pres de Cúllar Vega et Churriana de la Vega (le village du redacteur du blog), Valverde chercherait a arriver en forme pour la premiere semaine de la Vuelta, car il sait que cette semaine devrait etre dangereuse (avec les paves, synonymes de chutes) et donc usante.
--> Et ses adversaires ? Le programme de Samuel Sanchez ressemblait à celui d'Alejandro, puisqu'il a disputé la Clasica Ordizia, la Clasica San Sebastian et le Tour du Burgos, et pourrait faire le GP de Plouay. Mais il n'a pas connu la même réussite que son compatriote sur le Tour du Burgos, puisqu'il n'a terminé que 27e du chrono à 32" de Valverde et surtout 32e de l'étape de montagne, à 3'29" du vainqueur. Pas terrible pour un favori de la Vuelta, mais finalement pas si inquiétant que cela : Sanchez aura le temps d'améliorer sa condition avant le départ de l'épreuve, et même d'ailleurs après puisque le premier rendez-vous important de la Vuelta (le chrono de 30 km) n'est situé qu'après une semaine de course.
Ivan Basso n'était pas au mieux sur le Tour de Pologne, qu'il a terminé à la 21e place, mais cela n'est pas inquiétant pour lui. En Juillet, il avait fait un difficile stage de deux semaines en altitude, à Livigno, et il devait en refaire un autre après le Tour de Pologne, au Passo San Pellegrino. Il devait également disputé le 18 août les Trois Vallées Varésines. L'italien sera donc sans doute en forme sur la Vuelta, même s'il ne sera peut-être pas encore au top au tout début. Il est dans le même cas de figure que Sanchez, en somme.
Robert Gesink, qui avait abandonné pendant le Tour à cause d'une chute, ne sera sans doute pas aussi bon sur la Vuelta qu'il aurait dû l'être sur le Tour. Le néeerlandais, qui récupère de sa fracture du poignet, s'est cependant préparé pour disputer ce Tour d'Espagne dans une condition acceptable, d'abord en altitude en Suisse puis en compétition, sur le Tour du Limousin et le GP de Plouay.
Enfin, Mosquera et Tondo (ainsi que Danielson) ont disputé le Tour du Burgos et y ont brillé, le premier remportant l'étape reine et finissant 4e du général et le second terminant....second de l'étape reine et du général. On devrait les voir parmi les meilleurs sur la Vuelta.
3. Parce que le parcours, montagneux, l'avantage Avec cinq arrivées au sommet, trois cols hors-catégorie, dix cols de 1ere catégorie et seize de deuxième catégorie, la montagne sera abondante sur cette Vuelta, ce qui est bon pour Valverde (qui pense avoir encore progressé en montagne par rapport à l'an passé, comme il l'a révélé à son directeur sportif Yvon Ledanois après sa victoire au Dauphiné Libéré). Il y aura certes trois chronos mais ils ne représentent au total que 60 km : Alejandro ne sera donc pas trop pénalisé par l'exercice chronométré où il perd généralement un peu, voir beaucoup de temps.
Le murcian a de plus reconnu les trois étapes du terrible week-end qui comporte trois difficiles étapes de montagne, ce qui sera un vrai plus par rapport à ses rivaux qui n'ont pas fait de reconnaissance.
En bonus, même si cela n'aura pas d'incidence sur le classement général car il ne sera pas possible de faire de vrais écarts sur ces étapes là, Valverde pourrait bien briller sur la 4e étape, qui emprunte le Cauberg, et sur la 10 étape qui se termine chez lui à Murcie et qui emprunte une côte à 12km de l'arrivée.
Attention toutefois à la première semaine en Hollande et en Belgique, où il pourrait y avoir des chutes : à moins qu'il pleuve, auquel cas les coureurs prendraient un autre chemin, le peloton rencontrera en effet des petits tronçons pavés.
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Lire la présentation du parcours -->
Voir les profils des étapes --> Et ses adversaires ? Ses adversaires sont également avantagés par ce parcours car ils ne sont dans l'ensemble pas très bons en contre-la-montre. En montagne, les meilleurs devraient être Valverde, Basso, Mosquera, S.Sanchez, Gesink, Tondo, Danielson et Rodriguez. Sans oublier Fuglsang (le leader de la Saxo-Bank), Anton, Uran, Kloden...
4. Parce que c'est le Grand Tour qui lui réussit le mieux 2e (2006), 3e (2003), 4e (2004), 5e (2008) : désormais, il ne manque plus que la première place à Valverde pour avoir occupé toutes les places du top 5 ! Le murcian a d'ailleurs remporté 5 victoires d'étapes sur le Tour d'Espagne, en... cinq participations. On arrête là pour le chiffre magique, mais franchement, rien que voyant ces résultats (et en les comparant à ceux de Valverde sur le Tour de France), on voit que s'il y a un Grand Tour qu'Alejandro peut remporter, c'est bien la Vuelta.
--> Et ses adversaires ? S.Sanchez a disputé quatre fois la Vuelta (2004 : 15e ; 2005 : 10e ; 2006 : 7e ; 2007 : 3e), en améliorant à chaque participation sa place au classement final. Après être monté sur le podium il y a deux ans (derrière Menchov et Sastre, ce qui n'était quand même pas rien) - il avait d'ailleurs cette année-là gagné trois étapes (deux en montagne + le dernier chrono individuel) , il peut désormais logiquement prétendre à la victoire finale. C'est le rival de Valverde qui a le plus de références sur la course.
Basso n'a jamais disputé la Vuelta mais totalise 10 participations en Grand Tour (5 sur le Giro et 5 sur le Tour) et seulement 2 abandons. Il a terminé 5e du dernier Giro, mais devrait être meilleur sur la Vuelta, où la concurrence est du reste moins forte.
Gesink n'a couru qu'une seule fois la Vuelta : c'était l'an dernier, et il a terminé à la 8e place (et avait fait une belle 6e place à l'Angliru). Il semble avoir franchi un nouveau palier cette saison et peut donc prétendre (encore une fois, s'il s'est remis de sa blessure) à un podium ou du moins à un top 5.
Mosquera, peu connu du grand public, a réalisé de bonnes performances sur la Vuelta en seulement deux participations : 5e en 2007, 4e en 2008. Cette année, il visera donc le podium.
5. Parce que la Caisse d'Epargne alignera ses meilleurs coureurs /http%3A%2F%2Fwww.ciclismoafondo.es%2Fpreview%2F2c90a89c228afc9e0122944fae5d0853.image)
La sélection de la GCE n'est pas encore totalement connue au moment où j'écris cet article, mais sept noms sont déjà connus : Valverde, Rodríguez, D.Lopez, Erviti, Acosta, Fran Pérez et Dani Moreno. Restent deux coureurs à choisir entre Kiryienka, Losada, et Zandio. Quoi qu'il en soit, cette compo sera plus forte que la compo de l'équipe au Tour de France, c'est une certitude. Rodriguez sera un solide atout pour Alejandro, comme il l'a été l'an passé (qui ne se souvient pas de
l'étape de l'Angliru, avec le trio Rodriguez-Valverde-Contador ?), ainsi que Moreno, toujours à l'aise sur le Tour d'Espagne. Et puis bien sûr avec les 6 autres, qui eux par contre se dévoueront totalement à leur(s) leader(s). Je place ces "s" entre parenthèse car Rodriguez devrait être un "coureur protégé", appelation pour dire que Valverde sera le leader principal et Purito, comme on l'appelle, une autre carte de l'équipe.
--> Et ses adversaires ? Tout le monde est d'accord sur ce fait : la Caisse d'Epargne sera l'équipe à battre sur la Vuelta, et ce même si les sélections des autres équipes n'ont pas encore été révélés dans leur ensemble. La Team CSC sera également assez solide, avec Fuglsang (le leader), les frères Schlek, Cancelarra, Kroon, Kolobnev et O'Grady entre autre, mais ne visera pas à priori la victoire finale.
Parmi celles qui la joueront figurent, outre la GCE, la Euskatel (pour S.Sanchez) et la Liquigas (pour Basso). La première aura une bonne équipe, une des plus fortes de l'épreuve derrière la Caisse d'Epargne : S.Sanchez, Antón, E.Martínez, R.Pérez, A.Pérez, Isasi, Irizar, Hernández et Txurruka. Concernant la seconde équipe, je n'ai pas eu d'infos...
Et aussi : _Parce qu'il a un nouveau vélo méga-giga-super génial : le Pinarello Dogma 60.1 Carbon 2010 (Dogma pour les intimes), que j'ai présenté dans un
article publié il y a quelques jours.
_Parce que promis, s'il y arrive, je referais le design du blog. Et pas que.
_Parce qu'après tout ce qui lui est arrivé cette année, ça serait beau. Vous l'aurez compris, je le sens bien...espérons seulement trois choses : qu'il se comporte en véritable leader, c'est-à-dire concrètement en faisant attention aux chutes et aux cassures (personne n'a oublié le
cauchemard de Suances, l'an passé) ; qu'il ne craque pas à cause de mauvaise météo, son gros point faible ; qu'un dopé ne le prive pas de victoire comme cela s'est produit en 2006 (en pire, puisqu'ils étaient deux dopés contre un).
_Parce qu'on est tous à fond derrière lui, pas vrai ?!
VENGA
VALVERDE para la
VUELTA !!