La poche de sang n°18 de l'Opération Puerto n'a jamais autant fait parlé d'elle. 24h se sont écoulés depuis l'annonce (désormais officielle) du CONI, demandant à Alejandro Valverde de s'expliquer lundi prochain à Rome, concernant le lien entre une prise de sang de l'espagnol, faite lors de l'étape du Prato Nevoso lors du dernier Tour de France, et la poche de sang n°18 de l'affaire Puerto. Le CONI est en effet convaincu que l'ADN prélevée sur les deux poches de sang citées est la même, qu'elle appartient donc à Valverde, et qu'elle prouve par conséquent la culpabilité du murcian dans l'affaire Puerto.
Ces 24h ont permis à tous, moi y compris, de réfléchir un minimum sur cette affaire (Valverde et ses avocats n'ont eux pas attendu une journée avant de publier
un communiqué officiel). Après l'annonce de la nouvelle hier, qui a pris tout le monde de court, y compris Valverde puisqu'il l'a appris d'après lui en même temps que tout le monde dans les médias (il a déclaré n'avoir reçu aucun communiqué de la part du CONI avant cette annonce), tout le petit monde du cyclisme s'est penché sur cette information. Et il n'a pas fallu longtemps avant de s'apercevoir qu'il y a un problème :
comment est-possible que le CONI ai trouvé un lien entre les deux échantillons de sang en question, puisque la poche de sang n°18 de l'affaire Puerto est (censé être) gardée par la Fédération Espagnole de Cyclisme ? Différentes sources du CONI ont répondu à cette interrogation dans le quotidien El Pais en déclarant que la poche de sang n°18 (qui n'a donc, comme je l'écrivais au début de l'article, jamais fait autant parlé d'elle) avait été testé en Italie suite à la demande d'Antonio Serrano, le juge responsable de l'affaire Puerto. Mais de son côté, des sources de la RFEC (la Fédé espagnole, qui détient la poche de sang) affirment qu'aucune requête n'a été faite pour tester cette poche. Bien évidemment, les sources du CONI refuse de dire de leur côté quand ils ont reçu et analysé la poche de sang n°18...
Le quotidien El Pais rapporte également d'autres témoignages, provenant d'autres membres (anonymes), du CONI : d'après eux, l'ADN de la poche de sang n°18 ne correspondrait en fait pas à l'ADN de Valverde...
La situation est donc assez confuse. Une
interview du président de l'Association des Cyclistes Professionnels vient de plus rajouter un autre élément à prendre en considération : théoriquement, une analyse ADN ne se fait pas sans l'accord du coureur concerné.
Le CONI n'avait donc pas le droit d'analyser l'ADN de Valverde (s'ils l'ont fait ; ce qui n'est, vous l'aurez compris, pas certain).
Ce qui est en tout cas certain (et c'est bien la seule chose dans tout cela), c'est que les conséquences de toute cette affaire pourrait être assez importantes pour Alejandro :
si sa culpabilité est prouvée, il pourrait en effet être privé pendant 2 ans de compétition sur le territoire italien. Et sachant que
le Tour 2009 passe par la Valle D'Aosta en Italie, il se pourrait donc que Valverde ne participe pas à ce qui devrait (et donc peut-être bientôt devait) être son grand objectif de la saison...
Il n'empêche, je suis personnellement optimiste. Le CONI va devoir se confronter à de nombreux problèmes pour pouvoir prouver le fameux lien entre les deux échantillons de sang (s'il existe !).
La tournure des évènements laisse penser que le CONI bluffe et n'a en fait pas de véritables preuves contre Alejandro : selon moi, ils veulent faire tomber l'espagnol (ainsi que F.Schleck, dans un second temps) afin, en quelque sorte, de "venger" Basso qui a déjà payé pour sa présence dans l'affaire Puerto, et utilisent tous les moyens à leur disposition pour atteindre leur but : s'ils ne peuvent pas faire suspendre Valverde, ils peuvent tout de même, avec le bruit de leur annonce dans les médias, dégrader l'image d'Alejandro (l'agent de Valverde, Francisco Sánchez Savater, a d'ailleurs déclaré qu'il pourrait entreprendre des actions en justice contre les médias qui dégradent l'image de l'espagnol).
Finalement,
le réel danger pour Valverde pourrait donc venir de la réaction des organisateurs des Grands Tours (ceux-ci, moins de 24h après l'annonce du CONI, se sont déjà manifesté, en déclarant la phrase suivante : "si Valverde est coupable, qu'il paye") :
s'ils décident que la venue d'Alejandro sur leur course nuit à leur image, ils peuvent tout-à-fait demander à ce l'espagnol ne dispute pas leur épreuve. Et c'est là d'où pourrait donc venir le véritable danger...
Mais nous n'en sommes pas là, bien évidemment...pour le moment, il convient d'attendre la réunion de lundi entre Valverde et le CONI, et de croiser les doigts !
[L'article a été complété à 20h25]